jeudi 24 octobre 2013

La peur et son influence sur la pollinisation...


Dans les écosystèmes terrestres, plus de 90% des espèces de plantes à fleurs ont besoin d’animaux comme pollinisateurs et 67% des plantes à fleurs dépendent des insectes. La présence de prédateurs dans une zone de butinage peut avoir un effet direct sur la pollinisation : la diminution en nombre de pollinisateurs. Cependant, elle amène également un effet important non-létal : la peur.

La peur est le résultat de l’anticipation ou de la conscience d’un danger. Elle influence le comportement de la proie qui, par exemple, diminue son activité de butinage et/ou change de zone de butinage. L’impacte des prédateurs sur un écosystème peut, de ce fait, être très important : des visites moins fréquentes et plus courtes de la part des pollinisateurs diminuent la santé générale des plantes ainsi que la production de semences et de fruits…

Dans une étude réalisée en Chine, des scientifiques ont observé le comportement des abeilles asiatiques Apis cerana face à deux espèces de frelons dans un environnement naturel complexe : Vespa velutina (plus petit en taille) et Vespa tropica (env. 4 fois plus grand). Les abeilles arrivent à différencier ces deux espèces par leur taille et identifient Vespa tropica comme étant le plus dangereux. Par conséquent, le nombre d’abeilles mobilisées pour le contre attaquer sera 4.5 fois plus grand. 

Vespa tropica - Photo trouvé sur: surajitkoley.blogspot.com

Une colonie d’abeilles est un superorganisme. On peut donc l’étudier dans sa globalité et/ou se concentrer sur les différentes castes, par exemple sur les butineuses. C’est ce que les chercheurs ont fait lors de cet essai : ils ont testé les réactions des colonies et des individus à part en leur mettant à disposition 3 sources de nourriture de différentes qualités et en présence ou non de différents prédateurs.

Résultats : lorsque les 3 nourrisseurs offraient 30% de solution sucrée, la fréquence et la durée des visites diminuaient selon le degré de danger. La présence d’un prédateur avait comme effet une diminution de 55-79% des visites de butinage et leur durée régressait de 17-33%. Lorsque les solutions sucrées variaient en consistance (15%, 30% ou 45% sucrose), les colonies et les butineuses favorisaient les concentrations sucrées les plus élevées. Cependant, avec la présence d’un moyen (Vespa velutina) ou d’un grand prédateur (Vespa tropica), les colonies se montraient plus peureuses et diminuaient le nombre de visites sur les 2 sites. Les abeilles individuelles étant plus courageuses ne limitaient uniquement les visites quand elles devaient faire face à Vespa tropica.

Envie d’en savoir plus ? Voici la publication, trouvé sur www.plosone.org :

Ken Tan, Zongwen Hu, Weiwen Chen, Zhengwei Wang, Yuchong Wang, James C. Nieh. September 2013.
 
Bonne lecture!

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